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Des chefs d’entreprise et leurs salariés témoignent

 

Kevin LAFFETA et Julien NAOUR, directeur de la Base du Temple-sur-Lot

Emploi d'avenir : Kevin LAFFETA
Kevin LAFFETA devant son centre de formation

  • Kevin, à la signature de votre contrat de travail dans le cadre du dispositif « emploi d’avenir » votre projet professionnel s’orientait vers la validation d’un brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport (BPJEPS). Aujourd’hui, la mise en œuvre des différentes formations (brevet d’aptitude aux fonctions de directeur (BAFD) et BP JEPS) vous a-t-elle paru complexe ? Irréalisable ? ou Favorisée ?
    Je n’étais pas décidé au sujet de la formation que je souhaitais suivre. Je savais juste que je voulais faire de l’encadrement. C’est par la suite que j’ai trouvé cette formation et ça a été facile de la mettre en place. Il fallait juste trouver la bonne voie ! Tout a ensuite été organisé entre mon employeur et l’organisme de formation.
  • Pensez- vous que votre implication dans la structure a servi et favorisé votre projet de formation ?
    Oui car auparavant j’’avais travaillé à la base du Temple-sur-Lot en tant que saisonnier. Ils ont certainement vu que je valais le coût pour me former, puis peut-être me garder plus tard.
  • Julien NAOUR, vous êtes le directeur de la base du Temple-sur-Lot. Quel Intérêt aujourd’hui de doter la personne de nouvelles compétences notamment avec des formations réalisées, ou en cours de réalisation, telles que le BAFD et le BPJEPS ?
    Le premier point, c’est le développement personnel. Pour Kevin Laffeta, c’est une opportunité de continuer à se former. Il avait été animateur BAFA, il avait donc du potentiel dans ce secteur-là. Un emploi d’avenir, c’est l’opportunité de mettre un pied dans l’entreprise, apprendre les attitudes professionnelles que l’on n’acquiert pas forcément à l’école. C’est une démarche de formation.
  • Pensez-vous que le dispositif "emploi d’avenir" dans le cadre de votre milieu professionnel privilégie le projet de formation du jeune ?
    Clairement, pour ce contrat, nous privilégions la formation. D’ailleurs, à certains moments, nous recrutons également des animateurs pour pallier l’absence de Kevin qui poursuit son cursus.
  • Le projet de formation ancrée et en lien avec le terrain professionnel en est-il plus pertinent ?
    Je trouve que c’est effectivement plus pertinent car nous cherchons à le faire évoluer. Nous ne le positionnons plus comme un BAFA mais comme un futur BAFD. L’objectif, c’est qu’il réussisse ses examens grâce à son expérience qui correspond à ce niveau de diplôme.

Guillaume BIT et Jean-Paul Berry, maire de la commune de Lévignac-de-Guyenne


  • Guillaume, vous êtes agent d’entretien à la mairie de Lévignac-de-Guyenne, depuis mars dernier. Vous avez été recruté en « emploi d’avenir ». Que retenez vous de cette expérience ?
    Ce que je fais, me plaît. Avant je faisais de l’intérim mais je me suis orienté vers un emploi fixe pour me perfectionner en tant qu’agent d’entretien. Je suis en emploi d’avenir pendant 3 ans. Si possible, j’espère rester au sein de la mairie. Quand on voit le taux de chômage, le premier boulot que l’on trouve, on le prend et on essaye de se perfectionner sur celui-ci.
  • Quel a été votre parcours avant d’intégrer la mairie ?
    J’ai passé un BEP entretien et aménagement des espaces naturels ruraux à Sainte-Bazeille. J’ai aujourd’hui 25 ans et depuis mon diplôme je n’ai fait que de l’intérim. Ce n’étais jamais pareil. Dès que la mission se terminait, je devais changer de domaine. Ça me désorientait.
  • Quel type de formation envisagez-vous ?
    Je compte suivre une formation sur le bon usage de certains produits utilisés pour l’entretien des espaces verts. C’est important car aujourd’hui il faut que les normes soient appliquées, et respecter les consignes de sécurité pour les agents qui manipulent ces produits.
  • Jean-Paul Berry, vous êtes le maire de la commune, pourquoi avez vous opté pour un recrutement en emploi d’avenir ?
    Nous avons recruté au sein de l’équipe communale, 4 jeunes en emploi d’avenir. Et j’en suis ravi ! Même si l’avantage financier n’est pas négligeable, il n’est pas l’élément le plus important qui nous a amené à cette décision. En effet, il faut consacrer du temps à l’accompagnement de ces jeunes, c’est impératif. Et cela compense je crois l’aide financière.
    Ces jeunes ont besoin de trouver un endroit où on leur fait confiance. Ils ont besoin d’avoir une première expérience. Ils ont envie de découvrir, de concrétiser, car ils n’ont pas toujours les idées claires sur ce qu’ils veulent faire. Il faut les aider à se mettre dans une posture de travail. Bref, la signature d’un contrat « emploi d’avenir » avec un jeune c’est apporté une pierre à sa construction professionnelle. C’est surtout pour cela que nous avons décidé de nous engager dans ce dispositif. Nous avons tous un rôle à jouer dans ce domaine : recruter un jeune dans le cadre du dispositif « emploi d’avenir » c’est agir pour l’emploi des jeunes, et c’est aussi un engagement citoyen pour la jeunesse de notre territoire.
  • Etes vous satisfait des recrutements opérés ?
    Trop souvent des parents viennent me voir car ils s’inquiètent de voir leurs enfants sans travail. Cette situation de non activité amène ces jeunes à se laisser aller et c’est alors la dérive. Mon rôle de responsable de collectivité c’est d’éviter cette dérive et aider ces jeunes à sortir de l’inertie.

Hicham GUEFFAR, Dominique VIVES, infirmière et tutrice de Hicham et Stéphane RAILO, directeur du centre d’accueil de jour "la clé des sens"


Hicham GUEFFAR devant le centre d’accueil de jour "la clé des sens

  • Hicham GUEFFAR, vous êtes en contrat « Emploi d’avenir » au centre d’accueil de jour « la clé des sens ». Comment avez-vous décrocher ce travail ?
    C’est grâce à la mission locale. J’y allais régulièrement et ma conseillère m’a présenté cette offre. Ça tombait bien. Auparavant, je travaillais en intérim. Je faisais un peu de tout. Ici, le travail est plus stable. Je suis aide-ouvrier. Je m’occupe du jardin, du transport mais également de l’aide médico-psychologique. C’est un changement radical…
    A titre personnel également. Ça m’a aidé à découvrir un autre monde, l’image des personnes âgées, une nouvelle expérience. On part sur un projet professionnel alors on se sent mieux moralement et ça aide à se construire. J’attends de cet emploi d’être mieux qualifié, d’avoir plus d’expérience pour avoir accès plus facilement au travail.
  • Dominique VIVES, vous êtes infirmière et aussi, tutrice de Hicham au sein de l’établissement. Comment caractériseriez-vous le rôle que vous avez auprès de lui ?
    Mon rôle est essentiel, les jeunes que nous accueillons ont besoin de nous. Nous devons être en permanence dans une position d’écoute. Il faut leur redonner confiance. Ces jeunes ont des potentiels et il faut les aider à les trouver.
    Pour Hicham, nous sommes intervenus pour lui proposer d’abord une remise à niveau en français, qu’il ne maîtrisait pas très bien. Ensuite, nous l’accompagnons pour découvrir toutes les facettes du métier vers lequel il s’oriente, aide médico-psychologique.
    Je suis en quelque sorte « son guide » pour l’aider à trouver sa voie ! Et il a bien compris cela, car chaque fois qu’il est confronté à une difficulté, il vient me voir. Et nous trouvons ensemble la solution !
    Aujourd’hui, je peux mesurer le chemin parcouru : Hicham a, depuis 1 an, beaucoup gagné en autonomie dans le poste de travail qu’il occupe. Ses progrès sont très nets !
    C’est une grande satisfaction pour nous tous qui l’accompagnons et pour lui aussi, car il voit bien qu’il est tout à fait capable !
  • Stéphane RAILO, vous êtes directeur du centre d’accueil de jour « la clé des sens » à Agen et vous avez décidé de recruter Hicham dans le cadre d’un contrat « emploi d’avenir ». Pourquoi ?
    Nous avons déjà, au sein de l’établissement, 2 jeunes - dont Hicham - ayant signé un emploi d’avenir et nous sommes sur le point d’en signer un troisième. C’est dire tout l’intérêt que nous portons à ce dispositif. Il présente des avantages à la fois pour le jeune et la structure qui recrute.
    Pour le jeune d’abord, c’est un accompagnement durant 3 ans pour déterminer, avec lui, un projet professionnel et lui permettre d’accéder ainsi à un emploi. Il n’a aucune certitude certes , lors du recrutement, que son contrat soit pérennisé dans la structure. Néanmoins, et c’est ce qui est essentiel dans ce dispositif, le jeune s’appuie en permanence sur les responsables de la structure qui l’accompagnent tout au long de ces 3 années. Il acquiert ainsi des connaissances et des compétences car il suit, en même temps une formation diplomante, qui le conduit vers une qualification. Si Hicham n’avait pas intégré notre structure, en ayant signé un « emploi d’avenir », je ne suis pas sûr qu’il ait décidé d’accéder au métier d’aide médico-psychologique.
    Pour la structure, ensuite, l’aide financière apportée pour ce type de recrutement est un avantage indéniable. Mais il est clair que le recrutement est fait en adéquation avec les besoins.